Qui est Maxime Chagot, pilote de rallye ? Portrait et carrière

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Un week-end dans les spéciales de montagne, les roues qui frôlent les talus, le bruit sourd du moteur qui résonne dans les vallées savoyardes. La semaine suivante, en salle de formation, face à des salariés d’entreprise qui apprennent à mieux maîtriser leur véhicule. Maxime Chagot n’est pas un profil standard. Il est l’un de ces rares pilotes qui ont transformé leur passion pour la route en une véritable expertise professionnelle. Comment ? C’est là que l’histoire devient intéressante.

Un Savoyard né pour les virages

Tout commence dans le département de la Haute-Savoie (74), niché dans un paysage où les routes sinueuses font partie du quotidien bien avant de devenir un terrain de jeu. Maxime Chagot grandit dans cet environnement montagnard, où la relation à la conduite est presque instinctive. Les lacets, les dévers, la gestion des distances sur route mouillée ou enneigée : autant d’apprentissages informels qui forgent un sens aigu du pilotage.

Ce n’est pas un hasard si le rallye s’est imposé si tôt dans sa vie. Son père, Bertrand Chagot, partage cette même passion pour la compétition automobile régionale. Père et fils, unis par les spéciales, c’est une image qui en dit long sur la transmission d’une culture du sport auto ancrée dans le territoire. Le rallye, chez les Chagot, n’est pas un loisir du dimanche : c’est une façon d’habiter le monde.

Mais la compétition, ce n’est qu’une face de l’histoire.

Ses débuts en compétition : de la Saxo aux montagnes savoyardes

Maxime Chagot passe rapidement du statut de passionné à celui de compétiteur engagé. Il intègre l’ASAC de Savoie et obtient sa licence FFSA. Ses premières armes se font au volant d’une Citroën Saxo groupe N2, une voiture de série préparée, idéale pour apprendre sans filet. La ligue Rhône-Alpes constitue son terrain naturel, avec ses épreuves exigeantes taillées pour les pilotes qui connaissent les routes de coin.

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Au fil des saisons, Maxime Chagot aligne les engagements sur des épreuves phares de la région :

  • Rallye de Faverges, son épreuve à domicile
  • Rallye Savoie-Chautagne
  • Rallye Mont-Blanc Morzine, l’une des étapes les plus relevées du calendrier régional

En 2018, on le retrouve au volant d’une Citroën DS3 R1, accompagné de son copilote Alexandre Le Du. Ce changement de monture marque une progression technique et une ambition assumée. La DS3 R1, plus exigeante, plus rapide, réclame une lecture plus fine de la route. Maxime Chagot y répond avec la régularité d’un pilote qui ne fait rien au hasard.

Mais un palmarès en montagne ne suffit pas à le définir entièrement.

Le Citroën Racing Trophy Junior : quand la performance devient nationale

L’étape régionale franchie, Maxime Chagot monte d’un cran. Il s’engage dans le Citroën Racing Trophy Junior, championnat national organisé par la marque aux chevrons, qui regroupe des pilotes amateurs de bon niveau issus de toute la France. L’exercice est différent : les concurrents ne se connaissent plus, les références locales ne suffisent plus. Il faut performer sur des circuits et des formats variés, face à des pilotes qui, pour certains, visent une carrière professionnelle.

Maxime Chagot y décroche une 4e place au classement général du championnat en 2016. Sur le papier, ce n’est pas une victoire. Dans les faits, c’est une performance solide pour un pilote issu du terreau régional savoyard, sans le budget ni la structure d’une écurie nationale. Pour un amateur qui concilie compétition et activité professionnelle, atteindre le top 5 d’un trophée national, c’est une validation que les années de spéciales en montagne ne donnent pas à la légère.

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Mais Maxime Chagot n’est pas du genre à s’arrêter au podium.

Formateur BPJEPS Sport Auto : la compétence qui change tout

Ce que beaucoup de pilotes ambitieux n’ont pas, Maxime Chagot a décidé de l’obtenir. Il passe et valide le BPJEPS Sport Automobile, un brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport, délivré par l’État. Ce diplôme lui confère l’autorisation légale d’enseigner la conduite sportive et la prévention routière à titre professionnel. Ce n’est pas une certification de complaisance. Le BPJEPS Sport Auto est exigeant, long à obtenir, et peu courant dans le milieu du rallye amateur.

Rares sont les pilotes qui cumulent un vrai palmarès en compétition et une qualification pédagogique certifiée par le ministère. Ce double profil change tout à sa crédibilité : il ne se contente pas de raconter ce qu’il a fait au volant, il est en mesure de l’enseigner, de le structurer, de le transmettre avec une méthodologie reconnue. C’est précisément cet écart entre « pilote passionné » et « formateur diplômé » qui le distingue sur un marché de la formation très concurrentiel.

C’est à ce moment-là que le pilote devient formateur, et que naît MCSA Formation.

MCSA Formation : quand le rallye passe au service des entreprises

Depuis Saint-Eustache (74), Maxime Chagot a bâti sa société de formation MCSA Formation, destinée aux entreprises de Savoie, de Haute-Savoie et de toute la région Rhône-Alpes. La mission est claire : former les salariés à la sécurité routière et à l’éco-conduite, deux thématiques devenues incontournables pour les employeurs soumis à des obligations légales de prévention du risque routier professionnel.

Ce qui rend cette offre crédible, c’est précisément le parcours de son fondateur. Confier une formation de conduite à un ancien pilote de rallye diplômé d’État, c’est une proposition que peu d’organismes peuvent tenir. Maxime Chagot ne s’appuie pas sur des slides PowerPoint génériques : il transmet une expérience réelle, technique, ancrée dans des centaines de kilomètres de spéciales et d’observations fines du comportement du véhicule. Les salariés qui suivent ses formations ne repartent pas avec un livret de stages, ils repartent avec des réflexes.

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Ce n’est pas qu’une reconversion, c’est une logique.

Rallye de Faverges 2019 : l’épreuve du local

Le Rallye de Faverges, c’est une épreuve à part pour Maxime Chagot. Non pas parce qu’elle est plus facile, mais parce qu’elle est plus chargée. Les routes, il les connaît. Les virages, il pourrait les décrire les yeux fermés. Et c’est justement ça qui complique tout : quand on court chez soi, les attentes montent, les regards se multiplient, et la moindre erreur prend une résonance qu’elle n’aurait pas ailleurs.

En 2019, il choisit d’y prendre le départ malgré les contraintes du moment. « Je tenais à être au départ », déclare-t-il au Dauphiné Libéré. Une phrase courte, mais qui résume bien l’état d’esprit du personnage : pas question de manquer cette épreuve, quelle que soit la situation. Le rallye de Faverges, pour lui, n’est pas seulement un rendez-vous sportif. C’est un engagement vis-à-vis d’un territoire, d’une communauté, d’une histoire partagée avec des spectateurs qui le connaissent depuis ses débuts.

Certains pilotes courent pour gagner. Maxime Chagot court aussi pour appartenir.

Profil du pilote en un coup d’œil

Pour ceux qui souhaitent une vue synthétique, voici les données clés de son parcours :

DonnéeDétail
NationalitéFrançaise
RégionSavoie (74) / Ligue Rhône-Alpes
Licence FFSADepuis plus de 25 ans
DiplômeBPJEPS Sport Automobile
ClubASAC de Savoie
Véhicules utilisésCitroën Saxo N2, Citroën DS3 R1, Citroën C2
Structure professionnelleMCSA Formation

Ce que Maxime Chagot représente pour le sport automobile savoyard

Dans l’écosystème du rallye régional, Maxime Chagot occupe une place singulière. Il n’est pas le pilote le plus médiatisé, ni celui qui vise le championnat de France. Il est celui qui est là, épreuve après épreuve, aux côtés de pilotes comme Alexandre Villiod ou Thomas Van Outryve dans les épreuves de l’ASAC de Savoie. Une régularité qui, sur le long terme, construit une présence bien plus solide qu’un seul résultat spectaculaire.

Ce que son parcours illustre, c’est la possibilité de prendre le sport automobile au sérieux sans en faire une obsession déconnectée du réel. Maxime Chagot a su construire une trajectoire cohérente : compétiteur ancré dans son territoire, formateur diplômé reconnu, entrepreneur au service de la sécurité en entreprise. Il n’a pas choisi entre la passion et la raison. Il les a mis au service l’un de l’autre.

Dans les spéciales de montagne comme en entreprise, Maxime Chagot a compris une chose : maîtriser sa trajectoire, ça s’apprend.

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